 |
|
Pendant ces longs mois, Dies-Irae n’a pas pris position et n’a pas abordé cette question. Les événements s’enchaînaient et les diverses prises de position ne faisaient qu’un peu plus brouillés les cartes. Après un an, la situation s’est éclaircie : la tenue du Congrès du F.N, en novembre dernier, les échecs cinglants des Législatives, des Municipales et des Cantonales, pour l’ensemble de notre courant politique, l’effondrement militant et électoral de notre famille de pensée, tout concourt à montrer que nous sommes à la fin d’un cycle, à la fin d’une époque.
Pour cette raison, Dies-Irae, qui se veut un mouvement ayant une approche différente de l’action politique, tente aujourd’hui d’expliquer la crise que vit la Droite Nationale et les réponses que nous devons lui apporter, loin de tout esprit de querelle et de règlements de comptes.
Cette démarche nécessite de réexaminer l’histoire de la Droite Nationale sur les trois dernières décennies, puis d’étudier quelles ont été les causes de l’échec de ce courant de pensée, afin d’élaborer une nouvelle doctrine d’action.
Afin de bien comprendre la situation actuelle, nous devons effectuer un bref retour historique.
En 1945, la Droite Nationale est en lambeaux, associée au camp des vaincus rien ne semble pouvoir la sauver. En quelques années seulement, à cause des soubresauts de la décolonisation, un fort courant national renaît, et retrouve un auditoire certain auprès des Français. La crise Algérienne, et la duplicité gaulliste entraîne pourtant la Droite Nationale dans une impasse, (Tixier-Vignancourt n’obtient que 5.27% à la Présidentielle de 1965). A cet échec s’ajoute la répression gaulliste, qui emprisonne les opposants. Ainsi le mouvement national est inexistant lorsque surgit mai 1968.
Il faut attendre le 5 octobre 1972 pour voir la naissance du Front National. Celui-ci, né de la volonté d’Ordre Nouveau d’étendre son influence hors des facultés, se veut le rassemblement de toutes les composantes de la Droite Nationale. Cet attelage hétéroclite ne tient que par la force de son chef, Jean-Marie Le Pen, en effet faire cohabiter dans la même « maison »royalistes, catholiques de tradition, païens, nationalistes révolutionnaires, relève de la gageure.
Pendant 11 ans, le mouvement végète, les scores électoraux et le nombre d’adhérents sont dérisoires. Le tournant se produit avec l’arrivée de la gauche au pouvoir et les premiers effets de l’immigration de masse. En septembre 1983, aux Municipales, la liste F.N, conduite par Jean-Pierre Stirbois obtient 16.72% des suffrages à Dreux. Ce résultat lui permet de fusionner sa liste avec celle du R.P.R, et de devenir avec 4 autres colistiers adjoints à la mairie de Dreux.
Dès lors le F.N devient une des forces politiques majeures du pays, à partir des Européennes de juin 1984, et vole de succès en succès pendant 15 ans, captant entre 13 et 15.5% de l’électorat.
Si la force principale du Front réside dans le charisme de son chef, on peut noter que peu à peu les résultats du parti se rapprochent de celui de Le Pen. L’organisation du mouvement se développe, multipliant les structures permettant d’accueillir les nombreux militants.
L’apogée du mouvement se situe entre 1992 et 1998. Durant cette période, le F.N réussit progressivement à faire l’unité du camp national, puisque même l’Oeuvre Française appelle en 1996 à soutenir le Front. A cette époque bénie, pour ceux qui l’ont connue, le F.N compte près de 70 000 adhérents. Il dirige 4 villes de plus de 30 000 habitants, dont Toulon 13ème ville de France. Il est capable de présenter aux Municipales de 1995 près de 600 listes (à comparer aux 85 de 2008), dont 103 se maintiennent au second tour. Il est l’arbitre des scrutins Législatif de 1997 (15.1%) et Régional de 1998 (15.5% et 275 conseillers élus). Parallèlement à ces résultats, il est capable de mobiliser des foules importantes (10 000 personnes pour une manifestation à Marseille en 1996).
Ce succès inquiète la classe dirigeante car le Front est le recours de ceux qui n’ont plus d’espoir. La scission de décembre 1998 brise l’élan du mouvement. Si le Front retrouve ses scores électoraux 3 ans après, avec la Présidentielle de 2002, qui voit la Droite Nationale (Le Pen et Mégret) fleureter avec les 20% et 5.5milions de voix, ce qui ne s’était jamais vu, le mouvement est fragilisé. Ni les scores de 2004 aux Régionales et Cantonales, qui égalent ceux d’avant la scission ne permettent d’inverser la tendance. Le mouvement national a perdu en 1998 de nombreux cadres et militants, souvent de valeur, et qui n’ont pas été remplacé.
Nous touchons là la cause profonde des échecs de 2007/2008. La crise de 1998 a profondément affecté les militants, ceux-ci pensaient que le Front était différent des autres partis et ne pourrait connaître les mêmes turpitudes. Cette masse de militants et de cadres a quitté la politique, de même ceux qui ont suivi Mégret pensant arriver à 30% et qui ont sombrés à 1.3%.
La scission a également fait surgir et entretenu la division. Il ne s’agit pas de nier les antagonismes qui pouvaient exister entre tel ou tel tendance ou personne, cependant tout était subordonné à l’intérêt supérieur du mouvement au nom du compromis national. Cette idée même a été battue en brèche par la scission, et le climat délétère qui règne au Paquebot depuis des mois n’est que l’héritage de cette période. Cet état de fait est malheureusement devenu endémique au sein de la mouvance nationale ce qui a entraîné, par contre coup, la division du mouvement. Cette division existait de fait avec la création du M.N.R en 1999, puis est apparu la mouvance Identitaire, à partir de 2002, enfin depuis 2007 nous assistons à la multiplication de structures concurrentes, qui prétendent capter à leur profit les 4% d’électeurs de la Droite Nationale. Cette atomisation de notre famille de pensée nous renvoi 25 ans en arrière, et nous prive de l’élément essentiel que le F.N a apporté : l’unité de notre famille politique.
Ce triste constat doit nous amener à examiner maintenant les erreurs qui ont été commises, pour, en 5 ans, nous faire passer de seule force alternative au système, à un mouvement marginalisé, décrédibilisé, divisé. Ces erreurs sont à la fois stratégiques et idéologiques, d’ordre mental, et aussi plus concret.
La principale, paradoxalement, vient du 21 avril 2002, de ce fait que pour la première fois nous faisions trembler les bases du régime. Cette victoire nous a donné l’impression que le pouvoir était à porté de main. Ne polémiquons pas, toute personne un tant soit peu impliqué dans le combat y a cru. Cet espoir a pourtant changé la donne. Nous devions, en 2007, faire mieux qu’en 2002, nous devions, sinon faire élire Le Pen du moins lui permettre d’atteindre un score substantiel. Dans cette logique, tout a été subordonné à cet impératif. Ceci a conduit à un certain recentrage du discours du Front, à la mise à l’écart de certains cadres jugés récalcitrant aux nouveaux mots d’ordre. La guerre souterraine a donc repris, pendant des mois et des années, usant les patiences, démobilisant les énergies. La direction du mouvement, gangrenée par certains courtisans incapables, ne maintenait même plus les symboles (pas de BBR pendant 3 ans, plus de Jeanne d’Arc avec ses compagnons d’armes en ouverture du défilé du 1er mai, une flamme devenue un logo biscornu…).
Ce vide, qui s’est peu à peu créé, a culminé au moment de la Présidentielle. Jean-Marie Le Pen y est apparu soutenu par sa seule fille, les cadres du parti étant maintenus à l’écart. Surtout la campagne, comparé à celles de 1988, 1995 ou 2002 n’a eu aucun allant. Pas de caravane des plages du FNJ, peu de grands meetings, et surtout pas de comité de soutien. Ce dernier organisme permettait de rassembler autour du candidat national, non seulement les élus du parti, mais aussi les cadres, penseurs journalistes, hommes et femmes de lettres des autres composantes de la mouvance nationale.
Cette campagne au rabais s’est de plus fourvoyé dans des initiatives malheureuses, car ses promoteurs, faisant la même erreur que Jospin en 2002, se voyaient déjà au second tour. Ainsi de discours de Valmy en visite à Argenteuil, en passant par la beurette au string, le discours du Front était déroutant.
Mon propos peut paraître sévère, il ne reflète pourtant que la réalité, mais il n’est pas question d’accabler les responsables d’un mouvement qui fut longtemps l’espoir de la France Française, et dont le tort principal est de s’être bercé d’illusions.
Nous n’avons pas vu que le 21 avril 2002, et la remonté du Front, aux échéances de 2004, constituait un motif de haine viscéral du Système à notre endroit. Tous, après la scission, croyaient « l’extrème-droite » morte et enterrée. Trois ans plus tard, elle resurgissait plus forte que jamais. Dès lors tout devait être fait pour que le « 21 avril » ne se reproduise pas (inscription massive des immigrés sur les listes électorales, appel citoyen pour aller voter, soutien massif à Sarkozy comme meilleur antidote face à Le Pen, surestimation du résultat de Le Pen). Le résultat de ces manœuvres nous le connaissons… Un discours plus musclé du F.N n’aurait pas changé grand-chose à l’affaire.
Nous avons cru que les Français partageraient nos analyses, ils ont préférés Sarkozyllusioniste, tout simplement parce qu’ils ne veulent pas de changement. Ceux qui prétendent aujourd’hui que seul Le Pen est en cause, sont des menteurs et des hypocrites. Comment comprendre autrement les 4% aux Législatives et la déroute de nos formations (F.N, M.N.R, Identitaires, Régionalistes) aux Municipales.
Le constat est amer mais les Français ne veulent pas de nous. 25 ans de lutte nous ont mené à la case départ. La puissance du bourrage de crâne médiatique, de la langue de bois, du politiquement correct est telle que, reprendre le pouvoir à l’échelle nationale est illusoire.
Nous devons donc changer notre manière d’envisager le combat politique.
Cette nouvelle donne que propose Dies-Irae est le fruit d’une réflexion approfondie et lucide de la situation politique Française.
Jamais nos compatriotes n’ont été plus éloignés de nos idées qu’aujourd’hui. L’enquête annuelle réalisée par Le Monde sur les thématiques de la Droite Nationale le démontre aisément. En 1991, 64% des Français considéraient l’immigration comme une menace pour la France. En 2006, ils n’étaient plus que 38%. Tout est dit après cela… 25 ans d’immigration incontrôlée, de renoncements politiques dans tous les domaines, d’exacerbation de la crise économique et sociale, n’ont pas ouvert les yeux de nos compatriotes. En 2002, une chance historique a été donné au peuple Français d’inverser la donne et de reprendre son destin en main. 82% des Français ont cédés à la peur, au terrorisme intellectuel, au lâche confort. En effet, si la situation est déjà critique, elle n’est pas encore assez désespérée pour que la masse nous rejoigne. Ceux qui pensent pouvoir, avec un nouveau mouvement, réussir là où le Front a échoué s’illusionne et, pire, ils dupent les personnes qui leur font confiance. Si le F.N de la grande époque a échoué avec des moyens conséquents et un chef exceptionnel, ce n’est pas avec un appareil croupion et des talents médiocres qu’ils pourront réussir. La démarche Identitaire pour intéressante qu’elle soit n’envisage le problème que sous l’angle de la lutte contre l’immigration et la montée de l’Islam. Le Front National, longtemps moteur de la Droite Nationale, semble au bord de l’éclatement, gangrené par la question de la succession de son chef, empoisonné par des querelles intestines, n’ayant plus de doctrine clairement définie et quasiment ruiné. Si les résultats des futures échéances de 2010 (Régionales), confirmaient ceux de l’année écoulée, peut-être n’y aurait-il pas de candidat du mouvement national en 2012.
Dans ce contexte, Dies Irae se veut le fer de lance d’une nouvelle donne politique :
- Privilégier l’implantation locale
- Développer une communauté militante apte à être un pôle de résistance
- Lutter sur le terrain social
- Former les militants selon la doctrine aristotelico-thomiste
- Combattre le Système sur tous les fronts (respect de la vie, action sociale, immigration, culture)
- Ne pas faire de l’électoralisme la raison d’être du mouvement
Si nous suivons ces principes nous pourrons reprendre le contrôle de certains pans du territoire, nous pourrons redonner confiance à notre peuple, et partant de là nous battre à l’échelle nationale.
Dies Irae vous attend, rejoignez nous !
|
0 responses so far ↓
There are no comments yet...Kick things off by filling out the form below.
You must log in to post a comment.